Dans les coulisses du jardin

Les portes de la Fondation se sont refermées, le temps d'une trêve hivernale, le 1er novembre au soir. L'occasion de dresser un bilan de la saison et de recenser les travaux à venir !

Plus de 708.000 visiteurs ont marché, cette saison, dans les pas de Claude Monet ! Tulipes, narcisses, nymphéas et autres dahlias ont, au fil des mois, assuré un époustouflant spectacle floral… Dans les rangs des jardiniers, l’heure est au bilan : «Du côté des bonnes surprises figurent les phlox et cosmos qui, contrairement à l’an passé, ont bien fonctionné, se félicite Rémi Lecoutre, chef jardinier adjoint de la Fondation Monet. Les asters, somptueux, ont assuré une très belle fin de saison. Certain massifs étaient d’une profusion telle que les visiteurs en étaient surpris ! Le jardin a, en outre, bien résisté aux épisodes de canicule intense. Nous nous réjouissons aussi du retour, dans le jardin, de l’Etoile de Digoin, un dahlia qui avait sans doute disparu depuis l’avant-guerre. Une aventure incroyable !» Les satisfactions d’un jardinier se teintent, parfois, de minces déceptions : «Le pélargonium rose, censé être vigoureux et florifère n’a pas poussé comme nous l’aurions souhaité», regrette Rémi Lecoutre….

Après avoir tiré les leçons de la saison 2019, nos jardiniers se sont attelés à la préparation du cru 2020. «Dès le 4 novembre au matin, nous avons commencé à arracher toutes les capucines de l’allée centrale afin de créer un accès, explique le chef jardinier adjoint. Le défrichage de l’allée a, ensuite, débuté par le haut. Parallèlement, une autre équipe a entamé l’arrachage des dahlias. Le terrain devait être à nu ! D’autres jardiniers se sont ensuite chargés de bêcher le massif. Cette étape permet de diviser certaines vivaces qui ont pris trop d’ampleur, comme, par exemple, les asters. Nous retournons la terre pour l’anoblir et y replanter, juste après, les bulbes de printemps».

Un ordre de travail sera, tout au long du processus, scrupuleusement respecté : «La tâche des jardiniers consistera ensuite à défricher le bas du jardin. Nous sommes, en effet, à la merci du gel et cette zone figure parmi celles ayant le plus de difficultés à dégeler ! » L’étape suivante se jouera devant la maison du maître impressionniste : «A l’image de l’allée centrale, cette zone accueille énormément de bulbes. Elle est donc prioritaire ! Nous nous concentrerons ensuite sur les allées qui courent le long du public et finirons par les massifs qui n’abritent que très peu de bulbes. Tous devront être impérativement plantés avant Noël !»

Les différentes variétés de bulbes influent, elles aussi, sur l’ordre de plantation : «La première phase concerne les très gros bulbes, certains alliums, les fritillaires, les heremurus… Il nous faut noter où tout est planté ! La seconde fait entrer en scène les tulipes qui seront plantées par séquences. Ainsi, les tulipes à fleur de lys seront en arrière tandis que les hâtives, qui fleurissent moins haut, seront placées devant. La troisième phase est celle des petits bulbes, des ixias, anénomes des bois… Nous les planterons lorsque nous commencerons à mettre les bisannuelles en terre. C’est à dire, si tout va bien, quinze jours avant Noël !»

D’autres grands travaux seront entrepris, cet hiver, par nos jardiniers. Entamé cette saison, le renouvellement de la roseraie (508 plants et 58 variétés) va entrer dans sa seconde phase. Tout comme le grand chantier des iris ! Deux gros arbres vont, en outre, être changés : «Un saule pleureur planté il y a moins de dix ans est en train de mourir. Nous avons l’impression qu’il a vécu sur ses réserves… Il va aussi falloir remplacer le paulownia qui est mort ce printemps…». Rendez-vous, dès le 1er avril 2020, pour apprécier ces nouveautés horticoles : «Le visiteur sera, dès l’ouverture, accueilli avec de la couleur !», promet Rémi Lecoutre…


Rémi Lecoutre, chef jardinier adjoint