Et la couleur vint aux nymphéas…

Les premiers nymphéas ont ouvert le bal, début juin, sur l'étang du jardin d'eau. L'occasion d'évoquer l'homme qui se cache derrière ces légendaires nymphéas colorés...

Il fut, au départ, un expert en matière de bambous. Et c’est en parcourant une revue horticole que Joseph Bory Latour-Marliac eut le déclic pour les nymphéas ! Nous sommes alors au début des années 1870. A l’époque, le seul nénuphar résistant d’Europe est de couleur blanche. Et ce magicien horticole va réussir l’exploit technique de le croiser avec un nénuphar tropical, le nymphea rubra, une espèce à floraison nocturne de couleur rouge. Un croisement intersubgénérique totalement inédit !

C’est en 1875 que Joseph Bory Latour-Marliac fonde sa pépinière à Temple-sur-Lot, dans le Lot-et-Garonne. Au fil de ses expériences, il créera quelques quatre-vingt-dix variétés de nymphéas, la palette allant du jaune délicat jusqu’au rouge intense en passant par le fuschia… En 1889, la notoriété du pépiniériste fait un bond lorsqu’il présente ses créations à l’Exposition universelle parisienne. Il y est, en effet, repéré par un certain Claude Monet ! L’artiste givernois, qui entame alors la création de son jardin d’eau, commencera à lui passer commande en 1894. Les documents d’archives attestent qu’il se réapprovisionnera chez Latour-Marliac en 1904 et 1908. Imaginez-donc qu’à l’époque, Claude Monet fut un des rares, sinon le seul, à disposer d’un étang habillé de nénuphars colorés !

Si le nénuphar est devenu mondialement connu grâce au père de l’impressionnisme, c’est donc bel et bien grâce à Joseph Bory Latour-Marliac que Claude Monet se constitua un paysage totalement exclusif…