Jean-Marie Avisard : «Venez admirer nos nénuphars, tithonias, dahlias !..»

Les jardins supportent-ils les fortes chaleurs ? Quelles sont les fleurs stars du mois d’août ? Comment les nymphéas sont-ils entretenus en été ?…. Florilège de questions estivales à Jean-Marie Avisard, notre chef jardinier !

Le thermomètre s’affole ! Comment gérez-vous cette phase de canicule ?

Plutôt bien ! Tous les matins, dès 7 h, nous arrosons l’ensemble du jardin et insistons sur les endroits qui restent secs. L’arrosage automatique se concentrant sur le milieu des massifs, nous complétons par un arrosage à la main sur les bordures. Le coin où sont logés les iris et aubriettes a, par exemple, besoin de beaucoup d’eau. Les talus sous les arbres sont également toujours très secs. Au final, ce sont surtout les jardiniers qui souffrent ! Mais on essaie de faire avec !

Que pourront admirer les visiteurs aoûtiens ?

Je citerai en tout premier les géraniums qui bordent la maison. Ils sont magnifiques cette année ! A ne pas rater également, les capucines qui vont bientôt recouvrir toute l’allée centrale, mais aussi les nénuphars qui sont splendides ! Il y a également les annuelles que nous avons plantées dès juin et qui sont à leur apogée, comme les tithonias ou encore les dahlias…

Le spectacle du tapis de capucines jonchant l’allée centrale fascine. Comment domptez-vous ces plantes plutôt indisciplinées ?!

Il y a beaucoup de travail avec les capucines ! Après avoir été semées, elles poussent et partent, en effet, dans toutes les directions ! On tire régulièrement les tiges vers l’allée centrale. On les allonge et les retourne pour qu’elles poussent en longueur. Il nous faut régulièrement couper les feuilles du dessus pour que les fleurs ne soient pas totalement recouvertes. Et, à la fin, on coupe pour garder cette rivière de graviers. Si l’allée entière était envahie de capucines, ce serait moins joli. Et moins conforme au résultat que recherchait Claude Monet !

Comment sont entretenus les nymphéas durant l’été ?

L’important est de garder une surface d’eau suffisante, soit 50 à 60 % d’eau libre, tant pour l’équilibre de l’étang que pour conserver cet esprit de reflet dans l’eau. Les nymphéas sont très envahissants et couvriraient tout l’étang si on les laissait ! Donc, on coupe, on arrache les feuilles et nettoie tous les jours. Pour ce faire, les jardiniers vont dans l’étang avec les cuissardes ! Il nous faut aussi garder les nénuphars ronds pour rester fidèle à l’esprit du tableau. Afin qu’ils soient bien dessinés, nous faisons en sorte qu’ils ne se touchent pas les uns les autres. C’est un travail assez prenant !

Renouvelez-vous régulièrement la collection de nénuphars ?

Gilbert Vahé -chef jardinier historique de la restauration- a acheté, l’année dernière, quelques nénuphars bleus-violets auprès du fournisseur historique Latour-Marliac. J’ai, de mon côté, commandé des rouges pour l’an prochain. En fait, il y a des nénuphars plus résistants que d’autres. Certains, très costauds, vont repousser tous les ans. D’autres, comme les bleus et rouges, sont moins vigoureux. Au bout d’un moment, il nous faut les racheter…

Les jardins fermeront leurs portes le 1er novembre. Peut-on dire que le «gros du travail» y est terminé ?

Puisque tout est planté, nous entrons en effet dans une période d’entretien. Nous allons, parallèlement, nous concentrer sur la saison prochaine. On vient notamment de préparer toutes les nouvelles allées d’iris. L’an prochain, il y aura cinq lignes !

Le travail en serre visant à préparer le jardin 2019 est-il lancé ?

Les bisannuelles, et notamment beaucoup de giroflées, y ont été en partie semées fin juillet. Nous avons également semé quelques vivaces. Viendra, sous peu, la phase du repiquage : quand les bisannuelles, dans les plaques, atteindront la taille désirée, nous les repiquerons sur un terrain de culture pour qu’elles se développent jusqu’au mois de décembre, janvier, février… C’est un gros travail car il y a 90.000 bisannuelles à repiquer ! Tout le monde sera mobilisé. Durant cette période, nous travaillons dans les jardins jusqu’à l’arrivée du public avant de nous consacrer à cette tâche de repiquage. Dans les tunnels, nous avons encore pas mal de plantes susceptibles d’être utilisées pour des remplacements dans le jardin. Ils seront ensuite vidés pour accueillir les pensées. Elles n’aiment pas, en effet, l’humidité constante !

Si vous deviez dresser un bilan de vos premiers mois en tant que chef jardinier…

Il serait positif ! Je suis très content de toute l’équipe et de tout ce que nous avons entrepris ensemble. Nous avons recréé une bonne dynamique et je pense que cela se voit dans le jardin. Il est plutôt beau cette année !