historique

Lors du décès de Claude Monet, le 5 décembre 1926, Michel, son seul fils survivant, hérite de la propriété de Giverny, des tableaux qui s’y trouvent et de l’importante collection d’estampes japonaises. Préférant courir les safaris en Afrique, il n’est pas attiré par la demeure familiale. Blanche Monet Hoschedé, fille d’Alice et veuve de Jean, le fils aîné de Monet, entretient la maison et le jardin, avec l’aide du chef jardinier Lebret. À la mort de Blanche en 1947, le jardin est presque abandonné et la nature reprend ses droits…

Michel Monet meurt en 1966 dans un accident de voiture. Sans héritier, il lègue par testament la propriété et les collections de Giverny à l’Académie des Beaux Arts. Jacques Carlu, l’architecte du Palais de Chaillot, membre de l’Académie des Beaux Arts et à ce titre conservateur du Musée Marmottan, ne dispose pas des moyens financiers pour entreprendre une réelle campagne de restauration. Il refait néanmoins la toiture, protège les estampes et transporte ce qui reste de la collection de peintures au musée Marmottan.

À la disparition de Jacques Carlu en 1977, l’Académie des Beaux Arts confie le sauvetage de Giverny à Gérald Van der Kemp, auréolé du succès des campagnes de restauration du château de Versailles, dont il était le conservateur. La maison est en piteux état et, la désolation règne dans le jardin: le clos normand est envahi de ronces et de mauvaises herbes, de nombreux arbres sont morts, les serres n’ont plus de vitres, les supports de plantes et treillis sont totalement rouillés… Dans le jardin d’eau, le pont japonais pourrit dans une eau noire et les berges sont détruites par les ragondins.

Les budgets alloués par l’Académie des Beaux-Arts et le Conseil Général de l’Eure n’étant pas suffisants, Gérald Van der Kemp et son épouse Florence font appel aux mécènes américainspour sauver Giverny. Les donateurs sont nombreux et très généreux : ils permettent de mener à bien ce travail de restauration.

Durant trois années, des travaux considérables sont poursuivis. La maison, les ateliers, le mobilier et les estampes sont restaurés. Gérald Van der Kemp et Gilbert Vahé, le jeune chef jardinier, font renaître les jardins. Les arbres morts sont abattus, les parterres labourés, les allées retracées et le « pont japonais » est reconstruit à l’identique, en conservant les glycines que Monet avait plantées. Le bord des berges est consolidé par des palplanches. Les archives, les innombrables photographies et les souvenirs de ceux qui avaient connu le jardin aident à retrouver les plans et les variétés préférées de Monet. Certains cultivars ayant disparu, ils sont remplacés par d’autres, similaires. Enfin, le jardin devant accueillir des visiteurs, les allées sont élargies, cimentées et bordées de briques.

En 1980, la Fondation Claude Monet est créée et, le 1er juin, la propriété ouvre ses portes au public. Très rapidement, elle devient une destination prisée par des visiteurs toujours plus nombreux venant du monde entier. Second site touristique de Normandie après le Mont Saint Michel, ce sont plus de500 000 passionnés par an qui, du 1er avril au 1er novembre, découvrent le jardin et la maison de Claude Monet.