Salon-atelier : où voir les toiles originales de Monet ?

Cinquante-huit reproductions de toiles emblématiques du maître impressionniste illuminent le salon-atelier de la Fondation. Envie de partir à la découverte des originaux ? Suivez le guide !

Plébiscitée par les visiteurs, cette pièce spectaculaire n’était, à l’origine, qu’une grange dans laquelle le peintre impressionniste édifia son premier atelier. Converti, dès 1899, en salon-fumoir, cet antre, aux cimaises desquelles Claude Monet accrocha les toiles qu’il n’aurait vendues à aucun prix, devint son « sanctuaire ». « Ici, ce sont de vieux souvenirs, confiait-il à Marc Elder, critique et historien d’art. J’y tiens, j’aime les avoir autour de moi. J’ai conservé une oeuvre de chaque étape de ma vie. » Ces peintures, qu’il aimait commenter à ses amis autour d’un thé, le racontent. « Une cartographie idéale de ce qu’a été sa vie », note Adrien Goetz dans son ouvrage « Monet à Giverny » (Ed. Claude Monet Giverny/Gourcuff Gradenigo, 2015).

Réalisées par la galerie parisienne Troubetzkoy à partir d’ektachromes tirés sur la toile, les actuelles copies sont à la taille exacte des originaux. L’accrochage, lui non plus, n’est pas dû au hasard puisque c’est en s’inspirant de photographies datées de 1915 et 1920 qu’il a été soigneusement pensé. Habillée d’une délicate méridienne, cette fantastique pièce ne constitue-t-elle pas une formidable invitation à aller admirer les toiles originales ?

Certaines d’entre elles reposent sur les cimaises de musées étrangers. Souvenir de la première compagne du peintre, « Femme à la capeline rouge : Camille Monet « (1873), est la propriété du Cleveland Museum of Art. C’est la Galleria nazionale d’Arte Modena, à Rome, qui conserve le délicat « Nymphéas roses » (1897-1899). Le lumineux « Jardin de Monet à Vetheuil » (1881) trône au National Gallery of Art de Washington. Quant à l’incontournable « En canot sur l’Epte » (1890), il est jalousement gardé par le Museu de Arte Assis Chateaubriand de Sao Paulo (Brésil).

Beaucoup des oeuvres originales sont visibles en France, et plus particulièrement au musée Marmottan Monet, comme « La barque » (1887) ou « Portrait de Poly à Belle-Ile » (1886). La saisissante « Camille sur son lit de mort » (1879) est conservée au musée d’Orsay tandis qu’ « Argenteuil »et ses bateaux rouges (1875) est accroché au musée de l’Orangerie. La province n’est pas en reste puisque « Bateaux de pêche, Etretat » (1885) est visible au musée Eugène-Boudin de Honfleur et « Coin de l’étang à Giverny »(1917) à celui de Grenoble. Et n’oubliez pas qu’à quelques minutes de Giverny, Vernon et son musée A.G. Poulain détient le tondo, ou toile circulaire des « Nymphéas » (1908) mais aussi « Falaise à Pourville, soleil couchant » (1896) !