Mai 1886 : Et Claude Monet découvrit les champs de tulipes…

Puisqu'il nous est encore impossible de voyager, et si nous nous offrions un grand bol d'air dans les pas de Claude Monet ? Cap sur les paysages colorés de la Hollande, que le maître impressionniste immortalisa en mai 1886...


Champs de tulipes en Hollande (c) Musée Marmottan Monet / Bridgeman Images

17 avril 1886. Secrétaire de l’ambassade de France à La Haye, le baron d’Estournelles de Constant adresse à Claude Monet une missive dans laquelle il l’enjoint à venir peindre en Hollande : «La Hollande, entre Haarlem et La Haye, commence à se couvrir de champs de jacinthes et de tulipes […]. La plaine se bariole à perte de vue de nappes étincelantes comme des feux de diverses couleurs si le soleil brille, ou délicates comme les tons d’une immense boîte de pastels. […] Et hier, en parcourant ces nappes multicolores, j’ai pensé que vous en tireriez des merveilles et que ce serait un crime que de ne pas vous prévenir. […] Les tulipes sont resplendissantes d’un rouge ou d’un blanc qui crève les yeux. Dépêchez-vous…»

27 avril 1886. Répondant à cette alléchante invitation, Claude Monet grimpe dans un train en direction de la Hollande. Cette terre contrastée ne lui est pas inconnue. Déjà, en juin 1871, il avait séjourné à Zaandam, ville typique de la Hollande-Septentrionale,  avec son épouse Camille et son fils Jean. L’artiste y avait peint d’étroits canaux, des villas et demeures plus anciennes, des moulins et hangars. «Il y a à peindre pour la vie», confessait-il alors… Charmé par le pays, Claude Monet effectuera, en janvier 1874, un second voyage au Pays-Bas. L’occasion d’immortaliser l’incroyable Amsterdam et ses environs…

En ce début du mois de mai 1886, c’est au nord de La Haye, entre Leyde et Haarlem, que Claude Monet pose son chevalet. Son oeil avide de nouvelles perspectives y découvre les fameux champs de tulipes. Epoustouflé par ce surprenant tapis de couleurs aux nuances infinies, il s’enivre, jusqu’à plus soif, de ces bandes rouges, blanches ou jaunes fuyant jusqu’à l’horizon ! Sous un ciel délicieusement propice, le peintre croque, avec rage et excitation, un sujet qui lui avait tout d’abord paru «impossible à rendre»…

Cette fantastique expérience n’influencera pas uniquement le pinceau de Claude Monet. De retour à Giverny, l’artiste se met en tête de recréer, dans son jardin, l’effet de ces étendues de coloris purs au détour de parterres rectangulaires monochromes. L’imagination picturo-horticole du maître givernois s’allume d’un nouvel éclair !