L’hiver givernois selon Monet

Quel visage revêtaient, en hiver, les jardins de Giverny du temps du maître ? Plongeaient-ils dans une douce hibernation ? Petit voyage dans le temps….

L’homme de lettres Octave Mirbeau, le jardinier Georges Truffaut ou Jean-Pierre Hoschedé, beau-fils de Claude Monet, ont, tous, saisi la plume pour décrire le Giverny printanier, estival ou automnal. Mais nul d’entre eux ne mentionne l’hiver !

Le temps y était-il suspendu ? Claude Monet y avait-il planté des baies ou plantes susceptibles de l’aider à franchir les mois dépourvus de fleurs ? Il semblerait que non. L’artiste ne succomba, jamais, aux plantes hivernales qualifiées d' »intéressantes » par les jardiniers. Seuls le traditionnel jasmin d’hiver, les roses de Noël, puis, à l’approche du printemps, les perce-neiges et les scilles égayaient le jardin. Lorsque l’hiver pointait son nez, l’artiste, en quête perpétuelle de lumière, désertait, d’ailleurs, souvent Giverny et partait peindre à l’étranger. Reste que, très inquiet pour son jardin -menacé par le gel ou d’éventuelles inondations-, Claude Monet laissait des instructions très précises à son jardinier lors de ses absences hivernales !

Son véritable jardin d’hiver ? Sa serre, édifié en 1893, qui lui permit de se livrer à son penchant pour l’exotisme. Conseillé par M. Varenne, directeur du jardin botanique de Rouen, il y installa notamment des passiflores, des capucines « très curieuses », un bégonia qu’il fallut tailler régulièrement tant il menaçait de briser les vitres de la serre, mais aussi une impressionnante collection d’orchidées et de fougères exotiques.

Le clos normand et le jardin d’eau, eux, ne prenaient leur vitesse de croisière qu’en mars et avril. Reste qu’il faut toujours un hiver pour bercer un printemps !