Les glaïeuls, divas de l’été…

Alors que, sur l’allée centrale, le coussin de capucines grignote du terrain, les glaïeuls flamboient dans le Clos Normand. Ne tardez pas à venir immortaliser cette fleur fétiche de Claude Monet !

Du mot latin «gladius» qui signifie «épée », le glaïeul symbolise l’intégrité et la force morale. Saviez-vous qu’à l’époque romaine, les gladiateurs qui vainquaient leurs adversaires étaient couverts de glaïeuls ? Et qu’au Japon, cette fleur est fréquemment utilisée dans les tatouages traditionnels féminins pour exprimer la force de caractère ? Reste que, paradoxalement, on craindrait à tout instant qu’un coup de vent ne balaie cette majestueuse si fragile…

Est-ce cet antagonisme qui tapa dans l’oeil du maître impressionniste ? Graphiques et de couleurs éclatantes, les glaïeuls figurent, très tôt, sur des toiles de Claude Monet. Dans la «Terrasse à Sainte Adresse» (1867 /Metropolitan Museum of Art de New York), peinte depuis une fenêtre de la maison de sa tante Marie-Jeanne Lecadre, ils s’imposent au milieu des fleurs de fin d’été. Le rouge des glaïeuls y fait subtilement écho au bleu de la mer… Puis, dans «Les Glaïeuls» (1876/Detroit Institute of Arts), ils sont le véritable sujet de la toile, qui représente Camille, déjà malade et debout dans le jardin… Dans le registre de la nature morte, Claude Monet peint, en 1878, «Bouquets de glaïeuls, lys et marguerites» et, en 1881, les sobres et élancés «Glaïeuls»…

Dès son installation à Giverny en 1883, le peintre-jardinier accorde, l’été, une place de choix à ses chers glaïeuls. Ce passionné d’horticulture s’applique même à convertir son ami Georges Clémenceau, à qui il envoie un panier de spécimens dans sa maison de Vendée. Volontiers blagueur, le Tigre lui répondra quelque temps plus tard : «Les cinq mille glaïeuls ont de belles pointes vertes. Quand ils diront Papa, peut-être les entendrez-vous !»