L’automobile, son autre passion…


Claude Monet, au côté de son gendre Theodore Butler, dans la fameuse Panhard, vers 1910 © Collection Claire Joyes

A l’angle de la rue Claude Monet et de la sente Leroy se dresse une imposante porte cochère verte. Ceux qui l’ont vue s’entrebâiller y ont aperçu un garage, que Claude Monet se fit construire au rez-de-chaussée de l’actuel bâtiment administratif

Homme de son temps, Claude Monet s’intéresse au progrès technique. Lui que la rapidité passionne n’aurait raté, pour rien au monde, la fameuse course de côte de Gaillon ! Aussi acquiert-il, en 1901 et sous les yeux ébahis du voisinage, une rutilante Panhard & Levassor immatriculée «937-YZ». Le volant est à droite et l’intérieur en cuir. Le maître givernois, qui ne conduit pas, s’offre les services d’un chauffeur-mécanicien, Sylvain Besnard. Le tandem, qui raffole de vitesse, écopera d’ailleurs d’une contravention entre Giverny et Lavacourt au printemps 1904 ! C’est emmitouflé, par mauvais temps, dans des pelisses de fourrure rapportées de Norvège et les yeux protégés d’épaisses lunettes qu’il sillonne, chevalet au bras, la côte normande. Le dimanche venu, Claude Monet roule, avec toute la famille, vers Lamotte-Beuvron pour s’y régaler chez les sœurs Tatin. De quoi regonfler le moral d’Alice ! C’est aussi dans sa fameuse Panhard & Levassor qu’il file vers Tours afin d’y sélectionner son personnel de maison.
Sa plus grande et folle expédition ? En octobre 1904, lorsqu’il se met en tête de rejoindre Madrid et son musée du Prado pour y admirer, avec Alice et son fils Michel, les œuvres de Vélasquez et du Greco ! La Panhard hoquètera, sur 800 kilomètres et durant trois jours, entre Giverny et Biarritz… avant d’être immobilisée pour réparation ! C’est dans le Sud Express que le trio achèvera son périple. Au retour, la capricieuse voiture se refusera à dépasser le trente à l’heure !