La Fondation Monet se met au vert

C’est la semaine européenne du développement durable ! En matière d’écologie, la Fondation Monet figure-t-elle parmi les bons élèves ? Petite immersion dans les coulisses des jardins….

A l’aube du XXe siècle, nul n’imaginait que les produits phytosanitaires puissent se révéler aussi néfastes pour notre santé tout autant que pour l’environnement. Aussi, soucieux de fertiliser son jardin, Claude Monet expérimenta-t-il, comme ses congénères, les engrais chimiques. Dans une lettre datée de février 1902, il prie son fils Jean de lui «procurer des engrais chimiques (…), dont le sulfate de fer pulvérisé ou le superphosphate minéral». Et aujourd’hui ? Jardine-t-on bio dans l’ex-antre du maître impressionniste ?

«James Priest, l’ex-jardinier en chef de la Fondation Monet, a stoppé l’usage des pesticides», se félicite Rémi Lecoutre, membre de l’équipe des jardiniers. Herbicide hautement controversé, le «Roundup» est devenu persona non grata dans l’enceinte de la Fondation. Et les engrais ? «Nous essayons de recourir, au maximum, aux engrais organiques bio, riches, pour moitié, en azote naturel et pour l’autre moitié, en potassium». «On marche avec notre temps, confirme Gilbert Vahé, l’actuel chef-jardinier. Mais faire du 100 % bio reste néanmoins compliqué : n’oubliez pas que des dioxines se promènent dans l’air !»

Douce et très appréciée par les plantes du jardin, l’eau de pluie est collectée et stockée. Côté recyclage des déchets verts, l’équipe des jardiniers décroche un 10/10 : «Nous compostons nos déchets sur l’île aux orties, explique Rémi Lecoutre. C’est un petit bout de terrain situé à Giverny, au confluent de l’Epte et de la Seine, qui appartenait jadis à Claude Monet et qui est aujourd’hui la propriété de la Fondation. On y trie les déchets. D’un côté les branches, de l’autre les matières herbacées…». Préserver, enfin, la biodiversité figure aussi parmi les préoccupations de la Fondation qui a installé des ruches à proximité des jardins.

«J’espère que, bientôt, on passera au tout bio», conclut avec enthousiasme Rémi Lecoutre. Pari lancé ?