La cuisine, c’est Marguerite !

On y ravissait, jadis, les palais de vrais gourmands. Mais qui était aux commandes de la cuisine de Claude Monet ?

Réhaussée de carreaux de faïence bleus et blancs, la cuisine du maître impressionniste figure parmi les pièces fétiches des visiteurs. Vous y avez déjà flâné ? Son parfait agencement, tout autant que son étourdissante collection d’ustensiles en cuivre, ne vous ont sûrement pas échappés. Est-ce à dire que, du temps de Claude Monet, la « chère » comptait ?! Nul n’ignore qu’en plus d’un inimitable coup de pinceau, le peintre était doté d’un sacré coup de fourchette. Mais, s’il appréciait les arts de la table, ce fin gourmet ne maniait jamais les casseroles !

Durant ses années givernoises, Claude Monet ne jura que par la déesse des fourneaux Marguerite. A tel point que lorsque celle-ci se maria, il engagea Paul, son époux, comme maître d’hôtel afin d’être sûre que Marguerite ne lui échappe pas ! De la simple purée jusqu’aux onctueuses meringues, en passant par le pâté de viande faisandée, le « gâteau vert vert » et les recettes « yankees », ce cordon bleu maîtrisait, de A à Z, l’art culinaire. Le soir venu, cette perfectionniste dévorait des ouvrages culinaires ou rectifiait son cahier de recettes maison. Du repos ? Elle n’en prenait guère ! Marguerite aurait ainsi déclaré : « A Giverny, il y avait bien de l’ouvrage mais j’avais le bonheur de cuisiner devant mes deux pommiers du Japon… »
La fidèle cuisinière ne quitta pas Giverny, lorsqu’en décembre 1926, Claude Monet s’éteignit. Elle continua de servir la belle-fille du maître, Blanche Hoschedé, et ne rendit son tablier qu’à la veille de la seconde guerre mondiale…