Il était une fois la grande allée…

©Giverny Autrefois

Ses arceaux métalliques ornés de rosiers gracieux émerveillent les visiteurs. Longue de cinquante-trois mètres, elle se gorge, au fil de l’été, d’un tapis de capucines rampantes et enchanteresses. Une explosion de lumière, de jaune et de rouge ! Mais saviez-vous que, du temps de Claude Monet, la grande allée revêtit un tout autre visage ?

Gorgée de cyprès et d’épicéas, elle était, en effet, noyée dans la pénombre lorsque le peintre s’installa au Pressoir ! Amoureuse des arbres, Alice Hoschédé appréciait l’aspect funèbre de ce long tunnel. Mais Claude Monet l’exécrait, lui qui peinait à y faire pousser des fleurs ! Vaincue par l’obstination du maître impressionniste, Alice accepta que l’on supprime les cyprès, à l’emplacement desquels furent installés les arceaux métalliques. Mais, après les cyprès, Alice défendit becs et ongles les épicéas, qui, selon Monet, « faisaient tort à ses plantations de fleurs » ! On coupa, finalement, toutes les branches basses, tandis que leurs troncs, dénudés, abritèrent les fameux rosiers grimpants. Les hautes souches survécurent à Alice, mais finirent par pourrir et tomber. Et c’est ainsi qu’une grande allée ouverte, baignée de lumière et jonchée de capucines se fit jour….