Dans l’intimité du salon bleu

Beaucoup de visiteurs traversent, sans s’arrêter, cette pièce qu’ils considèrent comme une antichambre. Le salon bleu mérite pourtant le détour !

Par grosse affluence, on joue vite des coudes dans le salon bleu. Difficile, dès lors, d’imaginer qu’aux premières heures givernoises, cette pièce faisait office… de salon ! Rappelez-vous qu’en 1883, lorsqu’il emménage au Pressoir, Claude Monet pose chevalets et pinceaux dans l’actuel salon-atelier. Les habitants n’ont, dès lors, d’autre alternative que d’installer l’espace détente dans l’étroite pièce carrelée ! Observez ce divan, qui invite à la lecture tout autant qu’à la dégustation d’un thé. Les invités profitaient-ils du petit salon bleu ? Ou les recevait-on exclusivement dans la salle à manger ? Mystère ! Nul doute, en revanche, que la fonction de cette pièce évolua au fil des modifications architecturales….

Habillée d’un buffet à deux corps reconverti en bibliothèque, mais aussi d’une magnifique horloge comtoise, ce petit salon frappe par son unité de couleur : du bleu et encore du bleu jusqu’aux boiseries ! Saviez-vous qu’à l’époque, il était de bon ton de barbouiller ses murs de gris trianon, d’opter pour des intérieurs sombres et de privilégier les bois naturels ? Décorateur avant-gardiste, Claude Monet, qui ne jurait que par la couleur, fit donc preuve d’une forte originalité !

Arrêtez-vous aussi dans ce petit espace pour admirer la collection d’estampes japonaises dont le maître des lieux était si fier. Vous trouvez qu’il y en a trop ? Pour Claude Monet, il n’y en avait jamais assez ! «Et vous n’en voyez qu’une partie, déclara-t-il un jour à l’écrivain Marc Elder. J’en ai encore plein les cartons ! Je regrette de ne pouvoir en exposer davantage»….