Claude Monet : un pédagogue qui s’ignorait ?


Nombreux sont, en cette rentrée scolaire, les étudiants inscrits en école d’art. Claude Monet, lui, ne consentit jamais à former des élèves. Mais certains privilégiés purent bénéficier de ses précieux conseils…

Il considérait que chacun devait, dans le domaine artistique, trouver sa propre voie. Aussi Claude Monet s’était-il toujours refusé à endosser la blouse de professeur. Reste que ses astuces ou remarques, qu’il distilla à de rares intimes, valent tous les enseignements….

A sa belle-fille Blanche Hoschedé, qui posait son chevalet à côté du sien sur les chemins givernois, il répétait : «Regarde la nature et peins ce que tu vois, comme tu peux». La corrigea-t-il parfois ? Peut-être… A Lilla Cabot Perry, l’une des rares artistes de la colonie américaine givernoise à intégrer son cercle familial, il confia ses méthodes de travail. «Le premier contact avec le motif revêt une importance primordiale et, dès la première séance, la toile doit être couverte autant que possible sur toute son étendue», expliqua-t-il à la jeune peintre, qui habitait une maison située à deux pas de la sienne. Ainsi conseilla-t-il, lors d’une première étude visant à fixer l’aspect de l’ensemble, de revêtir la toile «de traits épais d’environ un demi centimètre et distants l’un de l’autre de deux centimètres. Et d’ajouter : «Sur une toile qui a bénéficié de deux séances, les traits sont nettement plus rapprochés… et le sujet commence à prendre forme !». Fantastiques confidences que celles-ci !

«Un tableau doit être poussé aussi loin que l’artiste le juge nécessaire, lui seul pouvant déterminer le moment à partir duquel il lui est impossible d’aller plus loin», souffla-t-il aussi à Lilla Cabot Perry. Elle qui se plaisait à peindre des figures en plein air n’oublia jamais cet autre conseil de Claude Monet : «Accorde à chaque feuille d’un arbre autant d’importance qu’au visage du modèle»…