Claude Monet : premier de la classe ou bonnet d’âne ?


Le Havre, vers 1850

La rentrée approche à grands pas. Et si nous en profitions pour nous replonger dans le bulletin scolaire du jeune Oscar Claude Monet ?

Octobre 1851. Oscar Claude Monet entre en classe de sixième au collège communal du Havre. « J’étais un indiscipliné de naissance, racontera plus tard l’intéressé. On n’a jamais pu me plier, même dans ma petite enfance, à une règle. Le collège m’a toujours fait l’effet d’une prison et je n’ai jamais pu me résoudre à y vivre, même quatre heures par jour »… Mais il était une matière dans laquelle l’adolescent excellait : le dessin, alors enseigné par Jacques-François Ochard, un fin pédagogue qui fut l’élève de David et exposa au Salon en 1835 et 1837. Sauf que, si le jeune Oscar se plie à un apprentissage méthodique du dessin et produit des croquis (bateaux, paysages…) de facture classique, il fait aussi, en la matière, «l’école buissonnière» : «j’enguirlandais la marge de mes livres, je décorais le papier bleu de mes cahiers d’ornements ultrafantaisistes, et j’y représentais, de la façon la plus irrévérencieuse, en les déformant le plus possible, la face ou le profil de mes maîtres». Des portraits-charge qui lui vaudront, très vite, une belle notoriété !

Jusqu’à quel âge Claude Monet étudia-t-il ? L’intéressé affirme avoir quitté les bancs de l’école vers quatorze ou quinze ans. Daniel Wildenstein, dans «Monet ou le triomphe de l’impressionnisme», considère qu’il a pu poursuivre sa scolarité jusqu’en 1857. Et, s’il n’était pas, selon ses propres dires, un élève très appliqué, il apparaît dans les annales du collège havrais comme « une excellente nature très sympathique à ses condisciples ». Tout comme Emile Zola, Sacha Guitry ou encore Guillaume Apollinaire, Claude Monet n’a donc jamais eu son bac. Ce qui ne l’empêcha pas de conquérir le monde et d’embrasser l’universalité. Et combien d’établissements scolaires portent, aujourd’hui, son nom ?!