Claude Monet : «Il faut tout dévorer des yeux»….

Lui qui buvait le jour jusqu’à la lie ne voulait rien d’autre que regarder. Regarder jusqu’à son dernier souffle, jusqu’à la dernière goutte de lumière…

Le tic de Sacha Guitry que Claude Monet exécrait ? Qu’il cligne des yeux lorsqu’ils regardaient, ensemble, un paysage. «Ce que vous m’agacez quand vous faites cela, lui lançait-il exacerbé. Il faut tout dévorer des yeux !». Et de prodiguer à son ami ce conseil des plus surprenants : «Une fois que vous avez bien regardé, encore, votre paysage, baissez-vous. Et regardez entre vos jambes !» Georges Clemenceau confessa, lui aussi, ne pas savoir regarder. Et envier l’oeil du maître impressionniste : «C’est humiliant pour moi. Nous ne voyons pas du tout les choses de la même façon. J’ouvre les yeux et je vois des formes, des nuances de colorations. Mon oeil s’arrête à la surface réfléchissante et ne va pas plus loin. Avec vous, c’est une autre affaire. L’acier de votre rayon visuel brise l’écorce des apparences…»

Car Claude Monet, qui réglait sa vie sur le cours du soleil en épousant ses horaires de lever et de coucher, ne désirait qu’une seule et unique chose. Regarder, regarder encore et toujours, s’enivrer de cette lumière qu’il affectionnait tant. Et saviez-vous que le peintre, pourtant menacé de cécité, répétait souvent qu’il aurait voulu naître aveugle et recouvrer la vue subitement ? Il aurait ainsi pu commencer à peindre en ignorant tout des spectacles de la création. Avec ce regard vrai qu’il chérissait…

Et vous, êtes-vous sûrs de savoir regarder ? Lors de votre prochaine halte dans le sanctuaire givernois, suivez les conseils du maître et ouvrez grand les yeux !