Blanche Hoschedé, l’autre Monet…


Madame Kuroki, Claude Monet (1840-1926), Alice Butler (1894-1949), Blanche Hoschedé-Monet et Georges Clemenceau (1841-1929) dans les jardins de Giverny.
© Musée Marmottan Monet, Paris / Bridgeman Images

Le musée de Vernon consacre, du 8 juillet au 29 octobre 2017, une exposition à Blanche Hoschedé-Monet. L’occasion d’esquisser un portrait de la belle-fille du génie impressionniste…

Eté 1887. Claude Monet saisit son pinceau et représente Blanche, alors âgée de vingt-deux printemps et occupée à peindre dans une prairie en bordure de l’Epte («Dans le marais de Giverny, Suzanne lisant et Blanche peignant»). Des quatre filles de sa compagne Alice Hoschedé, Blanche est la seule qui s’adonne à la peinture. Elle se révèle aussi la seule dont le maître impressionniste tolère la compagnie lorsqu’il travaille. Aussi Blanche suit-elle, telle une ombre, Claude Monet sur le motif. «Regarde la nature et peins ce que tu vois, comme tu peux», lui glisse-t-il en guise de conseils…

Entre eux deux, la complicité fut immédiate. «C’est en 1876 que j’ai vu Claude Monet pour la première fois, notera Blanche dans l’un de ses carnets intimes. J’avais onze ans, mais je me souviens très bien de son arrivée à Montgeron, chez mes parents. J’ai eu tout de suite, pour lui, de la sympathie». Une affinité qui se mue, au fil des ans, en amour filial, à tel point que les deux êtres vivent en communion. «Elle aimait tout ce qu’il aimait», commentera son frère Jean-Pierre Hoschedé. Même peindre en plein air lorsqu’il gèle. Et même dévorer une salade couverte de poivre ! Lorsque sa mère épouse, le 16 juillet 1892, Claude Monet, Blanche devient officiellement sa belle-fille. Mais saviez-vous que, le 9 juin 1897, elle devient aussi sa bru en épousant Jean, son fils aîné ?! Eloignée, dès lors, de Giverny, Blanche ne relègue pas, pour autant, ses pinceaux au placard et multiplie même les tableaux de paysage…

Lorsque Jean s’éteint en février 1914, Blanche se réinstalle à Giverny pour veiller sur Claude Monet, devenu veuf en 1911. Elle fait, pour lui, le sacrifice de renoncer à la peinture. Blanche se révèle si attentionnée que Clemenceau la surnommera «l’ange bleu»… Le décès, en décembre 1926, du maître impressionniste achève de sceller les liens de Blanche avec Giverny. Gardienne du temple, elle entretient la propriété et ressaisit même sa palette. Des vues givernoises, mais aussi de Vendée, d’Italie ou de Côte d’Azur fleurissent sur ses toiles. Après la seconde guerre mondiale, l’artiste troquera, l’hiver, l’humidité Euroise contre la douceur Niçoise. C’est dans la capitale de la Riviera que Blanche décèdera, le 7 décembre 1947, alors qu’elle peint encore quelques cyclamens….

Le coup de pinceau de «l’autre Monet» qui, jamais, ne chercha à commercialiser son art, reste méconnu. Profitez de cette exposition vernonnaise pour venir le découvrir !