A table !

Pavée de faïence bleue, la cuisine et sa batterie d’ustensiles fascine les visiteurs. Mais quels plats y mijotait-on du temps du maître impressionniste ?

Chez les Monet, on a le culte de la table ! Gourmet et gourmand, le maître des lieux revendique un sacré coup de fourchette. Lui qui se lève au chant du coq ingurgite un solide et consistant petit déjeuner… qui prend des allures d’authentique repas ! Solide gaillard, Claude Monet ne se contente pas, en effet, d’une tartine beurrée. Au menu, de la charcuterie, du fromage, des oeufs, des tranches de pain rôties à la marmelade d’orange et même de l’andouille grillée !

On ne badine pas, non plus, avec les «autres repas». Lui qui raffole de poisson se délecte de brochets fraîchement pêchés. Relevées de plantes potagères du Midi, les viandes, et notamment les gibiers, volailles et rôtis satisfont son palais exigeant. Sans oublier la farandole de légumes, dont les tomates, aubergines, poivrons, artichauts et courgettes de Nice, assortis de fèves et fèvettes, ail Rocambole et petits oignons d’Egypte ! Côté boisson, le maître des lieux apprécie le Sancerre ou le rouge corsé sans râpe d’un modeste cépage du massif Central. Et ne dit jamais non à une meringue maison pour accompagner son thé !

Selon l’historienne d’art Claire Joyes, les goûts de Claude Monet sont très arrêtés ! «Il n’aime que le foie gras d’Alsace, préfère les truffes du Périgord et les haricots rouges cuits dans le vin de Chanturge». Et gare à celui qui tenterait de contrarier ses rituels culinaires. C’est lui, et lui seul, qui s’attèle, dans la salle à manger, à la découpe des viandes. Et lui seul qui assaisonne la salade verte. Et qu’importe s’il la noircit littéralement de poivre concassé !