28 juin 1870. Claude Monet épouse Camille…


« Camille Monet », par Pierre-Auguste Renoir, 1872.
Musee Marmottan Monet, Paris, France / Bridgeman Images

C’était il y a cent quarante huit ans. Le peintre impressionniste liait, à Paris, son destin à celui de la jeune Camille Doncieux…

Elle qui posa pour Pierre-Auguste Renoir ou Édouard Manet inspira au peintre givernois de nombreuses toiles, dont «La femme à l’ombrelle» (1875) ou «La Japonaise» (1876). Mais qui était donc cette jeune femme, que l’on qualifiait volontiers de discrète ?

Issue d’un milieu modeste, Camille naît à Lyon le 15 janvier 1847. Celle qui débarque à Paris à dix-huit ans est, selon Michel de Decker dans «Claude Monet, Une vie» (Ed. Perrin), «belle et singulière. Elle n’est pas très grande mais elle est élancée. Camille, c’est un beau visage, un nez droit et fin (…), le sourcil et les cheveux de jais, la peau laiteuse comme on l’aimait alors… Et un regard lointain, rêveur, un peu triste même»….

Dans quelles circonstances Claude Monet rencontra-t-il la délicieuse jeune muse ? L’intéressé ne s’épanchera jamais sur le sujet. Est-ce, comme il se le murmure, Frédéric Bazille qui présenta, en 1865 et dans un atelier des Batignolles, cette jeune modèle au peintre ? Toujours est-il que le coup de foudre pictural -«La femme à la robe verte», toile datée de 1866, c’est elle !- se muera très vite en liaison amoureuse….

Leur premier fils, Jean, naît le 8 août 1867. «Un gros et beau garçon» qui inspire à son père un sentiment d’affection dont il s’étonne lui même. Et c’est après trois années souvent miséreuses que Camille et Claude se marient, le 28 juin 1870, dans le VIIIe arrondissement parisien. Parmi les témoins figurent Gustave Courbet et Gustave Manet, frère du peintre Edouard Manet, mais aussi Antoine Lafont, un journaliste âgé de 35 ans et Paul Dubois, docteur en médecine. Si les parents de la jeune mariée sont présents, aucun membre de la famille Monet n’a fait le déplacement. Camille sera désormais son plus fervent soutien…