16 juillet 1892 : Claude Monet épouse Alice…


Alice Hoschédé. © Site Giverny Autrefois

C’est dans la sobre église givernoise que le génie impressionniste scellait, il y a 125 ans, son union avec sa bien-aimée…

L’événement ne fera pas grand bruit et sera célébré dans la plus grande discrétion. Après s’être mariés, le 10 juillet, à l’église devant l’abbé Toussaint, Claude Monet et Alice Raingo-Hoschedé se disent «oui», six jours plus tard, à la mairie du village. Ceint du ruban tricolore, Léon Durdant orchestre la cérémonie. Léon Monet, le frère du marié, les peintres Gustave Caillebotte et Paul-César Helleu, mais aussi Georges Pagny, beau-frère d’Alice, figurent sur la liste des témoins. Revenu d’Amérique, l’artiste Theodore Robinson participe au repas de noces…

Mais pourquoi célébrer ce mariage si attendu en «grand secret, sans que personne ne le sache», aurait questionné Suzanne, l’une des filles d’Alice ? Serait-ce parce que cette union tardive trahissait l’illégitimité dans laquelle le couple vivait jusque-là ? Alice était, en effet, restée mariée au marchand d’art Ernest Hoschedé tout en vivant en concubinage avec le maître givernois. C’est la mort d’Ernest, le 19 mars 1891, qui viendra débloquer une situation familiale complexe….

Comme le rappelle Daniel Wildenstein dans «Monet ou le triomphe de l’impressionnisme», ce mariage «assurera, par la même occasion, aux filles Hoschedé un environnement familial normalisé». Et c’est ainsi que Claude Monet conduira fièrement à l’autel, quatre jours plus tard, sa belle-fille Suzanne, promise du peintre américain Theodore Butler…